
En résumé :
- La sécurité sur glacier repose plus sur la technique et la compréhension du milieu que sur l’équipement seul.
- La marche avec crampons, la gestion de la corde et l’acclimatation à l’altitude sont des compétences non négociables.
- La protection contre le rayonnement solaire (yeux, peau) est primordiale en raison de la forte réverbération de la neige.
- Faire appel à un guide certifié est un investissement en sécurité et en connaissance, surtout pour une première expérience.
- Cette première randonnée peut être le point de départ d’une progression structurée vers l’alpinisme via le Club Alpin Suisse (CAS).
Le Grand Glacier d’Aletsch, ce serpent de glace majestueux niché au cœur du Valais, exerce une fascination sans pareille. Pour le randonneur aguerri, fouler ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO est un rêve accessible, le premier pas vers le monde de la haute montagne. Beaucoup pensent qu’il suffit d’un bon équipement – des chaussures rigides, des crampons et une crème solaire – pour s’y aventurer. On distingue souvent le sentier panoramique, qui offre des vues spectaculaires sur le glacier depuis les hauteurs, et la randonnée glaciaire, qui consiste à marcher directement sur la glace. C’est cette seconde option qui nous intéresse ici.
Pourtant, la véritable clé de la sécurité ne se trouve pas dans le sac à dos, mais dans la connaissance et la maîtrise de gestes techniques précis. La différence entre une expérience inoubliable et une situation à risque réside dans une série de réflexes qui relèvent d’une véritable conscience corporelle en milieu glaciaire. Il ne s’agit pas seulement de savoir *quoi* faire, mais de comprendre *pourquoi* on le fait. Pourquoi écarter les pieds d’une certaine manière ? Quelle est la physique derrière la réverbération qui impose des lunettes spécifiques ? Comment notre corps réagit-il à une montée rapide en téléphérique ?
Cet article n’est pas une simple liste de matériel. En tant que guide passionné, je vous propose de décrypter les mécanismes de la sécurité sur glacier. Nous aborderons les techniques fondamentales, les erreurs courantes à éviter et les connaissances qui transformeront votre fascination en une expérience maîtrisée et sereine. C’est en comprenant la physique du glacier et la physiologie de votre corps que vous passerez du statut de simple marcheur à celui de véritable randonneur glaciaire.
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Pour vous guider à travers ce savoir-faire essentiel, nous avons structuré ce guide autour des questions cruciales que tout débutant devrait se poser avant de mettre un pied sur la glace. Explorez chaque section pour construire votre socle de compétences et d’assurance.
Sommaire : Votre expédition sur le glacier d’Aletsch, étape par étape
- Pourquoi écarter les pieds est-il vital pour ne pas trouer son pantalon ou chuter ?
- Quelle distance garder entre les marcheurs pour que la corde ne traîne pas dans l’eau ?
- Lunettes catégorie 4 : pourquoi sont-elles obligatoires sur la neige même par temps voilé ?
- L’erreur de monter trop vite en téléphérique sans boire assez d’eau
- Quand est-il indispensable de prendre un guide même pour un glacier « facile » ?
- Pourquoi est-il interdit de conduire avec vos lunettes de glacier catégorie 4 ?
- L’erreur de négliger le bonnet et les gants qui vous fait perdre 30% de votre chaleur
- Alpinisme pour débutants : comment passer de la randonnée à la haute montagne avec le CAS ?
Pourquoi écarter les pieds est-il vital pour ne pas trouer son pantalon ou chuter ?
La première sensation avec des crampons aux pieds est déroutante. Ces griffes de métal, si rassurantes sur la glace, deviennent un danger pour vous-même si votre démarche n’est pas adaptée. Le réflexe naturel est de marcher comme en plaine, les pieds relativement proches. C’est une erreur fondamentale. Les pointes acérées de votre crampon intérieur viendront immanquablement s’accrocher au bas de votre autre pantalon, provoquant au mieux un accroc, au pire un déséquilibre et une chute. C’est une cause d’accident si fréquente que les guides locaux rapportent que près de 80% des incidents mineurs, comme les pantalons déchirés ou les petites chutes sans gravité, surviennent dans la première demi-heure de marche.
La solution est simple mais contre-intuitive : il faut adopter la « marche en canard » ou la position « 10h10 ». Imaginez les aiguilles d’une horloge : vos pieds doivent pointer légèrement vers l’extérieur. Cette posture, combinée à un léger écartement des jambes, crée un espace de sécurité qui empêche les crampons de se toucher. Il faut également lever le pied franchement à chaque pas, en décomposant le mouvement pour s’assurer que les pointes quittent bien la glace avant de se déplacer. Cette démarche, peu élégante au premier abord, est le fondement de votre stabilité et de votre sécurité. Elle doit devenir un automatisme.
La maîtrise de ce geste simple est le premier marqueur d’une bonne technique glaciaire. C’est la preuve que vous avez adapté votre conscience corporelle à ce nouvel environnement. Un pantalon intact à la fin de la journée n’est pas un détail, c’est le signe d’une marche maîtrisée.
Quelle distance garder entre les marcheurs pour que la corde ne traîne pas dans l’eau ?
Sur un glacier, la corde n’est pas une simple longe pour ne pas se perdre ; c’est votre ligne de vie. Sa fonction principale est d’enrayer la chute d’un compagnon dans une crevasse. Pour qu’elle joue ce rôle, sa gestion doit être parfaite. Un des paramètres clés est la distance entre les membres de la cordée. Cette distance n’est pas fixe, elle dépend des conditions du glacier. L’objectif est de maintenir une tension légère et constante, de sorte que la corde forme un arc subtil sans jamais toucher la glace. Une corde qui traîne au sol est une faute technique : elle peut se gorger d’eau dans les bédières (torrents glaciaires), geler, s’alourdir, ou pire, se coincer dans une fissure.

Comme le montre l’image ci-dessus, la corde doit rester aérienne. Maintenir cette tension demande une marche synchronisée et une attention constante de la part de tous les participants. Le leader donne le rythme, et les suivants s’adaptent pour ne créer ni mou excessif, ni tension trop forte qui pourrait déséquilibrer un partenaire. Sur l’Aletsch en plein été, où la glace est souvent vive et les torrents nombreux, une distance de 8 à 10 mètres est généralement un bon compromis.
Les conditions du terrain dictent la distance idéale à adopter entre chaque personne. Il est crucial d’adapter en permanence sa progression à la « physique du glacier » pour garantir la sécurité de toute la cordée.
Ce tableau, basé sur les recommandations des professionnels de la montagne, synthétise les distances à respecter. L’analyse du terrain est essentielle et comme le montre une analyse comparative récente, elle doit être adaptée en permanence.
| Condition du glacier | Distance recommandée | Raison principale |
|---|---|---|
| Début de saison (juin) | 12-15 mètres | Crevasses cachées sous la neige |
| Pleine saison (juillet-août) | 8-10 mètres | Glace vive avec bédières visibles |
| Fin de saison (septembre) | 6-8 mètres | Nombreux torrents glaciaires |
| Zone de séracs | 15-20 mètres | Risque de chute de glace |
Lunettes catégorie 4 : pourquoi sont-elles obligatoires sur la neige même par temps voilé ?
L’un des dangers les plus insidieux en haute montagne n’est pas sous vos pieds, mais vient du ciel. L’intensité des rayons ultraviolets (UV) augmente d’environ 10 à 12% tous les 1000 mètres d’altitude. Sur un glacier comme l’Aletsch, cet effet est démultiplié par la réverbération : la neige et la glace agissent comme un miroir géant. Des études confirment que la neige réverbère près de 90% du rayonnement solaire. Cela signifie que vos yeux reçoivent une double dose de radiation : celle venant directement du soleil et celle, presque aussi intense, réfléchie par le sol. Même par temps nuageux, le filtre des nuages est insuffisant pour bloquer ces rayons invisibles et nocifs.
Porter des lunettes de soleil de ville ou de catégorie 3 est totalement inadapté et dangereux. Seules les lunettes de catégorie 4, conçues spécifiquement pour la haute montagne et les conditions extrêmes, offrent une protection adéquate. Leurs verres, très foncés, ne laissent passer que 3 à 8% de la lumière visible et filtrent 100% des UVA et UVB. Négliger cette protection expose à un risque sérieux de photokératite, plus connue sous le nom de « cécité des neiges ».
Comme le rappellent les spécialistes de l’optique de montagne dans le blog Au Vieux Campeur :
Pour éviter de se retrouver avec un épuisement de la rétine ou même une brûlure semblable à un ‘coup de soleil’ sur les yeux (on parle de photokératite ou de ‘cécité des neiges’), il est donc plus que recommandé de se munir d’une bonne paire de lunettes de soleil pour la haute montagne.
– Blog Au Vieux Campeur, Guide de choix des lunettes pour la haute montagne
Ces lunettes ne sont pas un accessoire de mode, mais un équipement de protection individuelle essentiel, au même titre que les crampons ou le baudrier.
L’erreur de monter trop vite en téléphérique sans boire assez d’eau
L’accès au glacier d’Aletsch est facilité par de spectaculaires remontées mécaniques. C’est une chance, mais aussi un piège pour l’organisme. Les téléphériques permettent de gagner une altitude considérable en un temps record. Par exemple, le trajet entre Fiesch (1049 m) et Fiescheralp (2212 m) représente plus de 1100 mètres de dénivelé en à peine 8 minutes. Votre corps, lui, n’a pas le temps de s’adapter à la baisse de pression en oxygène. C’est la porte ouverte au Mal Aigu des Montagnes (MAM), qui se manifeste par des maux de tête, des nausées et une fatigue intense, pouvant gâcher votre journée et même devenir dangereux.
Pour contrer cet effet, il faut pratiquer une « acclimatation active« . Cela commence avant même de monter dans la cabine. L’hydratation est le facteur le plus crucial. L’air en altitude est plus sec et votre respiration s’accélère, augmentant la perte en eau. Boire abondamment aide votre sang à rester fluide et à mieux transporter le peu d’oxygène disponible. Adoptez une allure très lente, « l’allure de sénateur », pendant la première heure de marche pour ne pas mettre votre organisme en surrégime.
Voici un protocole simple et efficace pour mettre toutes les chances de votre côté :
- Buvez au moins 1 litre d’eau durant le trajet (en train, en voiture) qui vous amène à la station de départ.
- Une fois arrivé à la station supérieure du téléphérique, faites une pause de 20 à 30 minutes. Asseyez-vous, profitez du paysage, et buvez encore 0,5 litre d’eau avant de commencer à marcher.
- Marchez très lentement pendant la première heure. Ce n’est pas une course, votre corps a besoin de temps pour « comprendre » ce qui lui arrive.
- Prévoyez un minimum de 2 litres d’eau par personne pour la journée sur le glacier et buvez régulièrement, par petites gorgées, même sans sensation de soif.
Gérer l’altitude est une compétence aussi importante que la maîtrise des crampons. Une bonne hydratation est la méthode la plus simple et la plus efficace pour prévenir le MAM.
Quand est-il indispensable de prendre un guide même pour un glacier « facile » ?
Le glacier d’Aletsch est souvent qualifié de « facile » sur le plan technique, ce qui peut créer un faux sentiment de sécurité. Cependant, « facile » ne signifie pas « sans danger ». Un glacier est un milieu vivant, en perpétuel mouvement, et ses dangers les plus sérieux sont souvent invisibles pour un œil non averti. Les crevasses, masquées par des ponts de neige fragiles, constituent le risque majeur. L’expertise d’un guide de montagne ne réside pas seulement dans sa capacité à vous mener d’un point A à un point B, mais surtout dans sa faculté à lire le terrain et à interpréter des signes imperceptibles pour le néophyte.

Un guide sait où les tensions dans la glace créent des crevasses, il sait évaluer la solidité d’un pont de neige, il connaît les itinéraires les plus sûrs qui évoluent de jour en jour. S’aventurer seul ou avec un groupe d’amis inexpérimentés, c’est parier sur la chance. Pour une première expérience, la question ne se pose même pas : l’accompagnement d’un professionnel certifié est indispensable. C’est l’assurance de vivre une expérience enrichissante et sereine, où vous pourrez vous concentrer sur la beauté des lieux et l’apprentissage des techniques, sans l’angoisse de l’inconnu.
L’argument financier est souvent évoqué, mais il doit être mis en perspective. En Suisse, le coût d’une intervention de secours en montagne est exorbitant et souvent mal couvert par les assurances de base, surtout si une négligence est avérée. Engager un guide est un investissement dans votre sécurité préventive.
La comparaison des coûts est sans appel et illustre bien que la sécurité a un prix, mais l’imprudence un coût bien plus élevé. Ces données, issues d’organismes suisses, montrent qu’un guide est un investissement rentable.
| Service | Coût approximatif (CHF) | Couverture assurance |
|---|---|---|
| Guide certifié (jour, groupe 4-6 pers.) | 600-700 | Non nécessaire |
| Intervention REGA simple | 3’000-5’000 | Partielle si membre |
| Évacuation héliportée complexe | 8’000-15’000 | Variable selon négligence |
| Hospitalisation suite à un accident | 2’000-4’000 / jour | Selon assurance maladie |
Pourquoi est-il interdit de conduire avec vos lunettes de glacier catégorie 4 ?
Après une journée magnifique sur le glacier, le retour à la civilisation peut présenter un dernier danger inattendu : celui de reprendre le volant avec vos lunettes de soleil de catégorie 4. Essentielles en altitude, elles deviennent une menace sur la route. La raison est purement optique : ces verres sont si foncés qu’ils ne laissent passer qu’entre 3% et 8% de la lumière visible. C’est parfait pour la luminosité aveuglante d’un glacier, mais dramatiquement insuffisant pour la conduite. Porter ces lunettes au volant équivaut à conduire de nuit avec des lunettes de soleil classiques.
Votre perception des contrastes, des distances et des couleurs est profondément altérée. Vous pourriez ne pas voir un piéton, un cycliste ou les feux de stop du véhicule devant vous. C’est pour cette raison que la loi, en Suisse comme dans la plupart des pays européens, interdit formellement leur usage pour la conduite automobile. Elles portent d’ailleurs souvent un pictogramme représentant une voiture barrée. Le risque n’est pas seulement de recevoir une amende, mais de provoquer un grave accident.
Le réflexe de sécurité doit donc se prolonger jusqu’au parking. Il est impératif d’anticiper et d’avoir une paire de lunettes de rechange de catégorie 2 ou 3, adaptées à la conduite, dans votre véhicule. Le changement doit se faire avant de démarrer le moteur. Si vous avez oublié votre paire de rechange, la seule solution est de retirer vos lunettes de catégorie 4 et d’attendre 10 à 15 minutes dans un endroit sûr pour que vos pupilles se réhabituent à une luminosité normale avant de prendre la route.
Plan d’action : votre check-list sécurité pour le retour en voiture
- Préparation : Avoir systématiquement une paire de lunettes de soleil de catégorie 3 ou inférieure dans la boîte à gants du véhicule.
- Transition : Changer de lunettes avant de mettre le contact. Ne jamais effectuer cette manipulation en conduisant.
- Vérification : S’assurer que les lunettes de conduite portent le sigle CE et ne mentionnent pas d’inaptitude à la circulation.
- Plan B (en cas d’oubli) : Retirer les lunettes de catégorie 4, s’arrêter dans un lieu sûr et attendre 10 à 15 minutes pour que la vision se réadapte complètement.
- Intégration : Intégrer le changement de lunettes comme la dernière étape de votre routine post-randonnée, au même titre que le rangement du matériel.
À retenir
- La maîtrise technique prime sur l’équipement : la sécurité sur glacier commence par l’apprentissage des bons gestes (marche, encordement).
- L’environnement est un facteur de risque majeur : la gestion de l’altitude, de l’hydratation et de la protection solaire (UV) est aussi critique que d’éviter les crevasses.
- Le guide est un investissement, pas un coût : son expertise en lecture de terrain et en gestion des risques est la meilleure assurance pour une première expérience réussie et sécuritaire.
L’erreur de négliger le bonnet et les gants qui vous fait perdre 30% de votre chaleur
Même au cœur du mois d’août, sous un soleil radieux, la température sur un glacier peut chuter brutalement. La proximité d’une telle masse de glace et l’altitude créent un microclimat imprévisible. On peut passer d’une chaleur estivale à des températures glaciales en quelques minutes, à la faveur d’un simple passage nuageux ou de l’arrivée d’un vent catabatique, cet air froid et dense qui dévale les pentes du glacier. La sensation de froid est alors immédiate et intense.
Une erreur classique du randonneur est de sous-estimer l’importance des extrémités. On pense à la veste chaude, mais on néglige la tête, les mains et le cou. Or, une part significative de la déperdition de chaleur corporelle (souvent estimée jusqu’à 30%) se fait par la tête. Le corps, pour protéger ses organes vitaux, va réduire la circulation sanguine dans les extrémités (mains, pieds). Avoir froid aux mains n’est pas seulement désagréable ; cela diminue votre dextérité, rendant la manipulation d’un mousqueton ou d’un nœud difficile, voire impossible.
C’est pourquoi, quel que soit le bulletin météo, le « kit froid » doit toujours se trouver au fond du sac à dos. Les guides de la région d’Aletsch le recommandent systématiquement. Ce kit est votre assurance contre l’hypothermie et l’inconfort. Il se compose de plusieurs éléments complémentaires :
- Un bonnet fin (en laine mérinos par exemple) qui se glisse facilement sous un casque si nécessaire.
- Une paire de gants fins (« tactiles ») pour la marche, qui protègent du froid sans sacrifier la préhension.
- Une paire de moufles ou gants chauds et imperméables à enfiler par-dessus les premiers lors des pauses ou si le temps se dégrade fortement.
- Un tour de cou multifonction (type Buff®), qui protège à la fois le cou, le nez et les oreilles du vent glacial.
En haute montagne, la règle est de s’habiller pour le pire temps possible, pas pour le plus beau. Ce petit surplus de poids dans votre sac est une garantie de confort et de sécurité.
Alpinisme pour débutants : comment passer de la randonnée à la haute montagne avec le CAS ?
Votre première randonnée sur le glacier d’Aletsch a été une révélation. Vous avez découvert un monde minéral et puissant, et vous avez appris à y faire vos premiers pas en sécurité. C’est souvent à ce moment que naît une nouvelle passion et la question se pose : et maintenant ? Comment aller plus loin, gagner en autonomie et explorer des sommets plus techniques ? La réponse en Suisse se trouve dans une institution : le Club Alpin Suisse (CAS). Le CAS est la structure idéale pour transformer un randonneur glaciaire débutant en un alpiniste compétent et responsable.
Plutôt que d’apprendre « sur le tas » avec les risques que cela comporte, le CAS propose un parcours de formation structuré, encadré par des guides professionnels et des chefs de course expérimentés. En rejoignant l’une des nombreuses sections locales, vous aurez accès à un programme complet de cours et de sorties collectives, adapté à tous les niveaux. C’est l’occasion d’apprendre dans un cadre sécurisé et convivial les techniques de progression sur rocher, neige et glace, le sauvetage en crevasse, la gestion de l’itinéraire, et bien plus encore.
Passer par le CAS, c’est s’assurer d’acquérir les bonnes pratiques dès le départ et de construire une base de compétences solides. Voici un exemple de parcours de progression typique pour un débutant motivé après une première expérience comme l’Aletsch :
- Étape 1 : Course d’initiation. Participez à une course facile d’un ou deux jours avec votre section locale pour confirmer votre intérêt et rencontrer d’autres membres.
- Étape 2 : Formation de base. Suivez un cours fondamental comme « Techniques de base en alpinisme estival », généralement sur 5 jours, pour apprendre les nœuds, l’assurage, et la progression en crampons de manière approfondie.
- Étape 3 : Accumuler l’expérience. Participez à 3 à 5 courses de niveau « Facile » (F) à « Peu Difficile » (PD), comme le Weissmies ou l’Allalinhorn, encadré par des chefs de course du CAS.
- Étape 4 : Vers l’autonomie. Une fois à l’aise, suivez un cours de niveau avancé pour apprendre à gérer une course en leader et prendre vos propres décisions.
- Étape 5 : Les premiers 4000m. Visez un premier sommet de plus de 4000 mètres accessible techniquement, comme le Bishorn (« le 4000 des dames ») ou le Breithorn, pour valider vos acquis.
Cette première randonnée sur l’Aletsch n’est donc pas une fin en soi, mais peut-être le début d’une grande aventure. Pour transformer cette fascination en une véritable passion, l’étape suivante consiste à contacter la section du Club Alpin Suisse la plus proche de chez vous et à vous inscrire à une course d’initiation.